Le boucle piqué est le saut compté le plus simple du patinage artistique… et paradoxalement l’un des plus utilisés au plus haut niveau. Il est le premier saut d’un tour que l’on apprend et le saut de prédilection pour les combinaisons. Voici comment il fonctionne et comment l’apprendre.
Qu’est-ce que le boucle piqué ?
Le boucle piqué (« toe loop » en anglais) fait partie de la famille des sauts piqués : au moment de l’impulsion, le patineur plante les dents de pointe de la jambe libre dans la glace pour s’aider à décoller. C’est ce qui le différencie du boucle, réalisé uniquement sur une carre.
Pour un patineur qui tourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre :
- Glisse d’appel : en arrière, sur la carre extérieure du pied droit ;
- Piqué : la pointe du pied gauche se plante derrière, dans la glace ;
- Rotation : un tour (simple), deux (double), trois (triple) ou quatre (quadruple) ;
- Réception : en arrière, sur la carre extérieure du pied droit, le même pied que celui de l’appel.
Pourquoi commencer par le boucle piqué ?
Le piqué agit comme un levier : il aide le patineur à monter et lance la rotation. La réception se faisant sur le même pied que la glisse d’appel, le mouvement est naturel. C’est donc généralement le premier saut d’un tour enseigné après le saut de valse et les petits sauts de préparation.
C’est aussi le saut idéal en deuxième position d’une combinaison : comme il part d’une carre arrière extérieure, celle sur laquelle on réceptionne tous les sauts, il s’enchaîne directement après n’importe quel autre saut. D’où les célèbres combinaisons « triple lutz – triple boucle piqué » des programmes de haut niveau.
Un saut historique pour les quadruples
Le boucle piqué est le premier quadruple saut à avoir été réussi en compétition officielle : le Canadien Kurt Browning l’a réalisé aux Championnats du monde de 1988. Encore aujourd’hui, c’est le quadruple le plus répandu chez les patineurs messieurs.
Comment réaliser un boucle piqué simple ?
1. L’entrée
L’entrée la plus fréquente se fait après un trois avant intérieur sur le pied droit, qui amène le patineur en arrière sur carre extérieure. On peut aussi entrer par un simple pas en arrière. Le genou d’appui est fléchi, les bras ouverts, les épaules contrôlées.
2. Le piqué
La jambe gauche, tendue, part vers l’arrière et la pointe se plante dans la glace, légèrement à l’extérieur de la trace. Attention : on ne frappe pas la glace, on la pique avec précision.
3. L’impulsion et la rotation
Le patineur « passe par-dessus » la pointe : le poids se transfère vers la jambe piquée, puis il décolle en ramenant les bras et en croisant les jambes en position serrée. Pour un simple, une position légèrement ouverte suffit ; pour les doubles et plus, la position de rotation devient très serrée.
4. La réception
Réception sur le pied droit, en arrière sur carre extérieure, genou fléchi, jambe gauche tendue vers l’arrière et bras ouverts. Une bonne réception glisse longtemps et proprement.
Les erreurs fréquentes
- Le « toe axel » : le patineur pivote sur la pointe et commence le saut en avant, ce qui retire une partie de la rotation. Les juges le repèrent facilement.
- Un piqué trop près du pied d’appui : le patineur manque de levier et de hauteur.
- Les épaules qui tournent trop tôt : le saut perd son axe et la réception devient instable.
- La sous-rotation : réception avant d’avoir terminé le tour, très pénalisée en compétition sur les doubles et triples.
Le boucle piqué parmi les autres sauts
| Saut | Type | Pied d’appel (sens anti-horaire) | Difficulté relative |
|---|---|---|---|
| Boucle piqué | Piqué | Arrière extérieur droit | La plus faible |
| Salchow | Carre | Arrière intérieur gauche | Faible |
| Boucle | Carre | Arrière extérieur droit | Moyenne |
| Flip | Piqué | Arrière intérieur gauche | Élevée |
| Lutz | Piqué | Arrière extérieur gauche | Très élevée |
| Axel | Carre | Avant extérieur gauche | La plus élevée |
Ce classement reprend l’ordre des valeurs de base dans le barème de la Fédération internationale (ISU) : à nombre de tours égal, le boucle piqué rapporte le moins de points, l’Axel le plus.
Exercices pour progresser
- Sauts de demi-tour piqués (« boucle piqué demi ») pour travailler le piqué sans pression de rotation ;
- Rotations hors glace avec réception sur un pied ;
- Enchaînement saut de valse – boucle piqué, excellente préparation aux combinaisons.
Retrouvez l’ensemble des sauts, comptés et non comptés, sur notre page Les sauts.
