La Biellmann est probablement la pirouette la plus reconnaissable du patinage artistique : le patineur attrape la lame de sa jambe libre derrière lui et la tire au-dessus de sa tête, formant une goutte d’eau avec son corps, tout en tournant à grande vitesse. Histoire, technique, préparation : voici tout ce qu’il faut savoir sur cette position d’exception.
D’où vient le nom « Biellmann » ?
La position porte le nom de la Suissesse Denise Biellmann, championne du monde en 1981. Elle n’en est pas l’inventrice (d’autres patineuses l’avaient réalisée avant elle), mais c’est elle qui l’a rendue célèbre en l’exécutant en pirouette avec une vitesse et une régularité impressionnantes. Depuis, le nom est resté.
Longtemps considérée comme un élément féminin, la Biellmann a aussi été réalisée par quelques patineurs, le plus célèbre étant le Russe Evgeni Plushenko.
Comment fonctionne la Biellmann ?
Techniquement, la Biellmann est une variante de la pirouette debout. Le patineur :
- tourne sur un pied, jambe d’appui tendue ;
- plie la jambe libre derrière lui et attrape la lame, d’une main puis des deux ;
- tire la jambe vers le haut, au-dessus et derrière la tête ;
- tend la jambe libre autant que possible, les bras tendus au-dessus de lui.
Elle est souvent amenée depuis une pirouette cambrée avec pied attrapé, la cambrure facilitant la montée de la jambe. Pour la présentation générale de la famille, consultez notre page Les pirouettes.
Biellmann en pirouette, en spirale et en attitude
La position Biellmann ne se limite pas aux pirouettes. On la retrouve en glisse, sous forme de spirale, et dans certaines attitudes et séquences chorégraphiques. Mais c’est en rotation qu’elle est la plus spectaculaire.
Les qualités physiques nécessaires
| Qualité | Pourquoi | Comment la travailler |
|---|---|---|
| Souplesse du dos | Le haut du dos doit se cambrer fortement | Ponts, cambrures progressives, mobilité thoracique |
| Ouverture des épaules | Les bras tirent la jambe au-dessus de la tête | Étirements des épaules avec bâton ou élastique |
| Souplesse des hanches | La jambe libre monte très haut derrière | Grand écart facial, fentes basses |
| Gainage | Tenir la position sans s’effondrer | Planche, superman, travail des fessiers |
| Équilibre | La rotation est très rapide | Pirouettes debout régulières, travail sur un pied |
Comment apprendre la Biellmann ?
Étape 1 : hors glace
Avant toute tentative sur la glace, la position doit être accessible au sol, debout et en équilibre : attraper son pied derrière soi et le monter au-dessus de la tête, sans douleur. Cela peut prendre des mois, voire des années selon la morphologie.
Étape 2 : en glisse
On travaille ensuite la position en spirale, en glisse avant sur une carre, pour s’habituer à attraper la lame et à gérer l’équilibre en mouvement. Attention à bien protéger ses mains : les lames sont tranchantes, des gants sont recommandés.
Étape 3 : en pirouette
Le patineur entre en pirouette debout, attrape la lame en rotation, puis monte progressivement la jambe. Au début, une Biellmann de deux ou trois tours bien centrés est déjà un bel objectif.
Étape 4 : la sortie
Il faut relâcher la jambe en douceur, ramener le corps à la verticale et ouvrir les bras pour ralentir avant de sortir en glisse arrière.
Précautions et erreurs à éviter
- Forcer la souplesse : la Biellmann sollicite fortement la colonne lombaire. Une préparation progressive est indispensable.
- Attraper la lame trop tôt : avant que la rotation ne soit stable, la pirouette se déplace.
- Pencher la tête en avant : l’axe se casse et l’équilibre est perdu.
- Négliger l’échauffement : ne tentez jamais une Biellmann « à froid ».
La Biellmann n’est pas un passage obligé : de nombreux patineurs de haut niveau ne la font pas, faute de morphologie adaptée, et compensent par d’autres variations. Si elle est accessible pour vous, elle deviendra un vrai point fort, notamment en fin de pirouette combinée.
