Le rocker et le contre-rocker (ou « counter ») sont les deux retournements sur un pied les plus techniques du patinage artistique. Leur particularité : ils ne changent pas de carre, mais de courbe. Rares chez les débutants, ils sont incontournables dans les séquences de pas de haut niveau. Voici comment les comprendre.
Le principe commun : changer de lobe
Sur la glace, chaque courbe tracée par le patineur s’appelle un lobe. Lors d’un trois ou d’un bracket, le patineur change de carre mais reste sur le même cercle. Avec le rocker et le contre-rocker, c’est l’inverse :
- le patineur change de direction (avant vers arrière, ou arrière vers avant) ;
- il garde la même carre (une carre extérieure reste extérieure) ;
- il passe sur un nouveau lobe, qui tourne dans l’autre sens : la trace dessine un « S ».
La différence entre les deux tient au sens de rotation du corps. Pour une vue d’ensemble, consultez notre page Les retournements.
Rocker ou contre-rocker ?
| Rocker | Contre-rocker | |
|---|---|---|
| Changement de carre | Non | Non |
| Changement de lobe | Oui | Oui |
| Sens de rotation | Dans le sens de la courbe d’entrée | Contre la courbe d’entrée |
| Parenté | Se prépare comme un trois | Se prépare comme un bracket |
| Difficulté | Avancée | Avancée |
Un moyen mnémotechnique : le rocker « suit » la courbe comme un trois, le contre-rocker la « contrarie » comme un bracket. Mais aucun des deux ne change de carre.
Comment réaliser un rocker avant extérieur ?
1. L’entrée
Le patineur glisse en avant sur la carre extérieure, sur une courbe nette. Les épaules sont tournées dans le sens de la courbe, comme pour un trois.
2. Le retournement
Le patineur tourne dans le sens de la courbe, mais au lieu de basculer sur la carre intérieure, il reste sur la carre extérieure. Pour cela, le poids du corps doit passer de l’autre côté : le patineur se retrouve en arrière extérieur, sur une courbe qui tourne dans l’autre sens.
3. Le contrôle et la sortie
Les épaules stoppent la rotation, le genou se refléchit et le patineur glisse sur son nouveau lobe. La trace sur la glace forme un « S » avec une petite pointe au point de retournement.
Et le contre-rocker ?
Même schéma, mais avec une préparation des épaules contre la courbe, comme pour un bracket. Le patineur tourne contre sa courbe d’entrée, garde sa carre et repart sur un nouveau lobe.
Pourquoi sont-ils si difficiles ?
- Le transfert de poids : il faut faire passer le centre de gravité d’un côté à l’autre du pied tout en gardant la même carre.
- La coordination haut / bas : épaules et hanches doivent travailler en opposition au bon moment.
- La précision : la moindre hésitation se traduit par un changement de carre involontaire ou un dérapage.
Les erreurs fréquentes
- changer de carre au moment du retournement, ce qui transforme le rocker en trois ;
- rester sur le même lobe, faute de transfert de poids ;
- tourner avec les pieds au lieu de guider avec le haut du corps ;
- déraper au lieu de pivoter proprement sur la lame.
Exercices pour progresser
- Les serpentins sur un pied, en changeant de lobe sans changer de carre, pour apprendre le transfert de poids ;
- Les trois et brackets parfaits, base indispensable ;
- Les tracés au sol pour visualiser le « S » ;
- Le travail lent, avec un entraîneur qui contrôle la carre au moment du retournement.
Rockers et contre-rockers sont des marqueurs de niveau : leur présence dans une séquence de pas montre une grande maîtrise des carres. Associés aux choctaws et aux twizzles, ils permettent d’atteindre les niveaux les plus élevés.
